mardi 2 janvier 2018

Ian Fleming , journaliste un jour , journaliste toujours – Les Contrebandiers du Diamant …


Au milieu des années soixante , peu avant son décès prématuré en fait , Ian Lancaster Fleming est vraiment le roi du monde .
Ses romans caracolent en tête des listes de best sellers dans tous les pays .
Le Président Kennedy cite même Bons Baisers de Russie comme étant l'un de ses livres de chevet favori ...
Les deux premiers films tirés de son œuvre ont explosé le box office et la ' BondMania ' va véritablement déferler sur le monde avec le troisième opus – alors toujours en tournage - ' Goldfinger '
Mais malgré cette popularité internationale , le créateur de 007 reste un journaliste dans l'âme .
Après avoir signé un travelogue consacré aux villes les plus chaudes du moment – à l'occasion de deux tours du monde consécutifs effectué à la demande de son rédacteur en chef , Fleming revient sur un ancien projet et décide de transformer en nouveau travelogue les recherches qu'il a mené avant de s'atteler à la rédaction du roman ' Les Diamants sont éternels ' ( un slogan astucieusement piqué à la firme DeBeer , qui ne lui en gardera pas rancune – bien au contraire ! ) .

One day in April 1957 I had just answered a letter from an expert in unarmed combat
writing from a cover address in Mexico City, and I was thanking a fan in Chile, when my telephone rang…’

C'est à l'invitation d'un responsable de la sécurité d'une mine diamantifère d'Afrique du Sud que l'écrivain quitte son home Londonien à l'été 1957 .
Destination : Le Cap et ses champs de mines de diamants à perte de vue .
Fleming note scrupuleusement tout ce que lui apprend son guide ( il met même de côté certaines anecdotes spectaculaires qu'il se propose de réutiliser dans un futur roman – qui , hélas , ne paraîtra jamais et dont on connait seulement le titre , ainsi que quelques feuillets de présentation ... Voir note de bas de page 1 )

Fleming s'amuse beaucoup et passe plusieurs semaines en Afrique du Sud et dans le désert de la Sierra Nevada à emmagasiner et à gribouiller des notes sur ses carnets de voyages .

Lorsque son récit de voyage est publié en 1957 , juste avant ' Les Diamants sont Eternels ' , la Presse Anglaise ne tarit pas d'éloges sur les qualités de conteur émérites du journaliste devenu auteur à succès .
Et quasi immédiatement les droits d'adaptation au Cinéma sont raflés par une Major , la Rank Corporation ( qui s'intêressera aussi de près au roman Moonraker quelques années plus tard ) .
Un scénario est construit en recentrant toutes les péripéties rapportées par l'écrivain autour d'un seul et même personnage , un agent de sécurité de mine de Diamant dénommé John Blaze …
Après être passé par trop de réécritures successives et un nombre de réalisateurs potentiels record ( parmi lesquels on trouvera même un jeune John Boorman ) , le projet de film tombera hélas à l'eau en 1966.

Et il faudra attendre précisèment cette même année pour que les éditions Plon décident alors d'en proposer une fidèle traduction française en hard cover ( luxe suprême ) …

Tout récemment , en 2013 , les Ian Fleming Publications ont décidé de rééditer l'ouvrage dans une luxueuse nouvelle version .
Hélas , aucun éditeur Français ne s'est à ce jour montré intêressé par cet ouvrage hors du commun .
Bien dommage , car Fleming étant un conteur-né , ses anecdotes de travail sont tout autant passionnantes que le roman , puis le film , qui en ont été tirées …

1Connu sous le titre de travail de ' Per Fine Ounce ' ( en référence à la mesure utilisée alors pour quantifier les carats d'une pierre précieuse ) ce roman inédit devait à nouveau projeter James Bond au milieu de l'univers des contrebandiers de diamants . Plusieurs séquences spectaculaires avaient déjà germé dans la tête de l'écrivain ( ses notes parlent de chaînes de vélo en or massif ou de baobabs géants servant de boite aux lettres pour les vils malandrins … ) . Sa trame générale sera en fait construite par un autre écrivain , Geoffrey Jenkins , après la mort du créateur de 007 – à la demande des ayant-droits éditeurs des aventures de James Bond . Mais le roman ne paraîtra finalement jamais ...

jeudi 30 novembre 2017

How to survive till 2019 when you are a James Bond Fan

It's tough being a James Bond Fan in between movies .
When the last one has been released on video - or even already shown on TV , you know you will have to wait forever to get credible fresh news about the next production .
And this time , we'll have to wait till 2019 .
An eternity .
Fortunately , the merchandising and various licenced products are here to ease the pain a little bit .
Since we are precisely now in that type of situation , let's review the latest ( and upcoming ) items you might ask Santa to bring you under the Christmas tree …

  • The Corgi ' Retro box ' collection .1
After successfully re issuing last year a limited edition of James Bond Thunderball's Aston Martin DB V in a vintage 1965 replica box, it became clear to Corgi that there were onto something . So they presto reissued some iconic vehicles of their classic James Bond range under that new retro packaging . Adding some minor details here and there to some cars ( painted headlights , etc. ) .
To the die hard Corgi James Bond collector fan , it was just impossible to resist the colorful packaging.
Furthermore , not ALL the Bond cars were re-issued , and the final choice was a bit contestable . No ' Moonbuggy ' from D.A.F , no convertible Toyota from Y.O.L.T , not even the fabulous Ski protubering Aston Martin Volante from TLD …
Heck , to each his own I guess …
One interesting piece of info though , according to some reliable sources , no new 007 models are to be released in 2018.
But ... All the options are on the table again for 2019 . I wonder why ...
( And just for the Froggies eyes only , there are indeed some retailers in our country which will propose that new range . Keep reading this blog for more details ) .
To order the available models , please go there .

  • The new Ian Fleming original novel printings
Issued in the Ex Libris Vintage Classics books collection of Penguin , those new editions feature attractive and colorful new covers , an introduction by Ian Fleming expert John Cork , as well as some previously unpublished research material at the end of each volume .
The introductions themselves are a joy to read , for one learns an infinity of details surrounding the creative process of Ian Fleming .
Hugely recommended for any decent James Bond fan .
To order the available books , please go there .

2
And last but not least …

Even if it's non politically correct , Bond will always be a chain smoker . And if you do not possess a Ronson lighter , the next best thing would be a … Zippo !
The world wide known classic lighters firm has issued a new official James Bond range , featuring five new beautifully designed lighters ;
Fans will remember Zippo had already offered one-shot version products to tie in with the release of some new movie ( Goldeneye , Tomorrow never dies , etc . ) but it's the first time a whole new collection has been unveiled .
And best of all , insider sources told us some more new models should appear as well in 2018 . Hooray !
To order the available models , please go there .3







1Grateful thanks to : K . Artiguas – Hornby France
2Grateful thanks to : C. Turner – Ian Fleming Publication
3Grateful thanks to E. Le Gall – Zippo France

mardi 13 juin 2017

2017 – No new James Bond but … the year of Corgi Toys ?

Hallehuiah ! La célèbrissime marque de modèles réduits a annonçé pour l'année en cours les ressorties futures des véhicules les plus emblématiques de la saga James Bond ...
Si il est bien un jouet associé de manière indélébile aux aventures de James Bond au Cinéma , c'est incontestablement le célèbre modèle réduit de l' Aston Martin DB5 inspiré de sa grande sœur apparue dans Goldfinger , le troisième film de la série . ( On frémit à l'idée des premières marques d'abord envisagées par le réalisateur Guy Hamilton : une Jaguar , voire même une Ford ! ) .
La reproduction au 1/43ème réalisée par Corgi Toys de la célèbrissime grande dame va réapparaitre dès la mi-Juillet à la vitrine des magasins de jouets britanniques ( Hamley's , nous voilà ! ) .
 
The Most ( Little ) Famous Car of the World 
 
Si l’Aston Martin DB5 est devenu un mythe grâce à James Bond, sa reproduction en modèle réduit par Corgi Toys est devenue une légende dans le monde de la voiture miniature.
 

En 1963 Corgi va entreprendre l’exploitation du filon offert par la télévision et le cinéma en lançant une Ford Zephir tirée d’une série télé de la BBC puis en 1965 la Volvo P1800 de la célèbre série Le Saint. Le modèle est plébiscité et Corgi Toys s’intéresse à James Bond qui vient de connaitre un succès retentissant avec le film Golfinger.
Un accord avec la production du film est trouvé et Corgi Toys étudie l’Aston Martin DB5 afin de la produire avant les fêtes de Noël 1965 et la sortie du nouveau film Opération Tonnerre prévue en décembre 1965. Le pari est tenu puisque la miniature est commercialisée en octobre 1965.
La voiture de James Bond, sous la référence 261, est présentée sur un superbe diorama glissé dans une boite, le tout à la gloire de l’agent spécial 007. Un feuillet d’instructions, des décalcomanies et deux passagers indésirables ( destinés à être éjectés , donc )  accompagnent l’ensemble.

Ce jouet fait surtout sensation par sa sophistication. Les nombreux gadgets nécessitent un assemblage de 28 pièces, ce qui est une performance pour l’époque.
Les principaux équipements de la voiture de James Bond se retrouvent sur la miniature, les plus spectaculaires étant le siège éjectable et le toit ouvrant, le pare-balles arrière,et les mitrailleuses frontales. Le tout est commandé par deux manettes situées sous le châssis. La fidélité est totale, on peut seulement s’étonner de la couleur or retenue pour la voiture au lieu du gris du film.
Cette Corgi Toys va remporter un succès phénoménal et obtenir un « UK Toy Of The Year » et un « Best Boys Toy Of 1965 ». Il s'en vendra plus de 2 700 000 modèles en 1966.
Produite jusqu’en 1969, L’Aston Martin DB5 de James Bond évoluera au sein de la gamme Corgi avec un nouveau modèle en 1968 sous la réf. 270, cette fois en gris et l’échelle du 1/36ème. En 1970, sous la réf. 271 le modèle adoptera des roues whizzwheels et d’autres gadgets. Puis les rééditions se multiplieront à partir des années 90 jusqu’à nos jours.
De fait , dès sa réapparition dans GoldenEye, le vénérable véhicule redeviendra de façon indéfectible attachée à l'image de l'agent secret playboy alors campé par Pierce Brosnan .
Plusieurs variations seront alors proposées par Corgi , au gré de la sortie des nouveaux films . Soyons honnêtes , il n'est pas rare alors de retrouver exactement le même modèle sous deux boites se réclamant de deux films différends . Une tactique commerciale qui par ailleurs ne grandit pas la réputation de Corgi ...
En 2006 , nouveau coup de boost avec l'intronisation du reboot Casino Royale .
Clin d'oeil aux fans de la première heure , le nouvel agent 007 gagnera au poker une Aston Martin DB5 vintage .
Il la retrouvera dans Skyfall – apparemment cette fois à nouveau munie de son fameux siège éjectable ( et de tous ses anciens gadgets ! ) .
Pourtant réduite en cendres par les hommes de Silva , l'increvable DB 5 revient néanmoins encore dans le film suivant , Spectre . Q a en effet réussi à la reconstituer intégralement ...
Cette année , sans doute inspirée par le succès de sa réédition en simili boite d'origine l'année dernière de l' Aston Martin de Thunderball ( Opération Tonnerre – 1965 ) , Corgi décide de mettre les petits plats dans les grands et proposera donc une réédition en boite prestige ' vintage ' de quasi TOUS les véhicules sortis au gré des différends films …
Un soucis du détail certain a été apporté à ces nouvelles variations ( des plaques d'immatriculation conformes à celles des films par exemple , des phares intégrés et non plus peints directement sur la carrosserie ou encore les ailerons de la Lotus Esprit arborant enfin leurs liseré noir … ) .
On regrettera par contre certains choix stratégiques . Pourquoi ressortir la Rolls de Goldfinger au lieu du superbe coupé Toyota de On ne vit que deux fois ?
Bref , pour parodier le titre d'un ouvrage incontournable édité par le spécialiste du Merchandising 007 Dave Worrall , les versions au 1/43ieme de Corgi resteront pour toujours «  The Most Famous Little Cars of The World »


P.S : On ignore hélas pour le moment si ces modèles seront importés en France ou pas . L'effet Brexit risque là aussi de se faire sentir ...

(Remerciements à M. Hoeren - de Hornby et  filrouge-automobile pour l'historique Corgi)

samedi 19 novembre 2016

Has James Bond finally met his match ( yawn ) ?

October 2015 : Spectre , the 24th official film in the series blasted on the screens worldwide .
And although not praised as much as its immediate predecessor ( at least , by 007 purists ) , the box-office financial returns were more than enough to ensure an obligatory follow-up .
Which should have started production this year ( or early 2017 at least ) for a proposed 2018 release date , except this well oiled scenario derailled along the way for several reasons .

What happened – and , more important , when exactly will the next film appear ( IF there's a next one ) ?

Reason 1 : the current 007 incarnation very own mood . Everybody read the tired ' never again ' Daniel Craig assertion during the Spectre promo campaign around the world .
The actor was understandably a bit shaken & stirred from the shooting ( having injured himself more than once during the globe-trotting scheme ) . Hence , some not very promising and stern comments about his own future as agent 007 . Ok , when you spend more than half a year on the shooting of a single one movie , fatigue can get in . Normal reaction . No reason to panic ( yet ) .
NO casting has been officially announced by Eon , nor MGM , for the part – and , if the producers do keep their words , Daniel Craig STILL is James Bond .
( Ah . But wasn't it exactly the same with dear old Tim Dalton in the early 90s ? ) .

Reason 2 : The Broccoli other Movies affair .
Meanwhile , the always hyper active Barbara Broccoli ( who already helped producing several non 007 small films and some theater plays as well ) engaged herself in 2016 in the production of ' Film Stars Don't Die in Liverpool ' ( a fictionalized version of actress Gloria Grahame 's life . Movie status is currently ending post production .
Miss Broccoli also intends to produce a stage version of The Kid Stays in the Picture about movie executive and producer Robert Evans ( the man behind Polanski's Chinatown )
( She already produced in the past the very successful version of the Ian Fleming based Musical ' Chitty chitty Bang Bang ' ) .
Meaning , of course , Bond25 could be potentially entering pre-production only by mid 2017 ( even if Eon is working permanently on new ideas and synopsises for future films )

Reason 3 : The Production Imbroglio
I don't know about you , but I always thought it was some kind of ( repetitive ) miracle the Bond films managed to get produced and issued with so many different parties involved ( Eon, MGM , the Ian Fleming Publication company , Sony or whatever other world-wide distributor .... ) .
Well it seems this time , this carefully oiled clockwork might be one of the reason the next film is in limbo for the present time .
Sony pictures – the distributor of all the latest Daniel Craig James Bond movies – was supposed to be out with Spectre . Understanbily , all major Hollywood companies were said to be on the look-out to grab the most profitable franchise of Cinema history .
And what happened so far ?

We do not have a clue ! No statement whatsoever has been released by any of those giants .
THE only comment came from MGM CEO Gary Barber who listed the Bond films series two weeks ago during a conference call for MGM investors “premium franchise titles” that “we expect to release over the next few years.” .
Uh oh , wait : ' next FEW years ' ?
Meaning : any date from 2018 till Eternity ?
That's not a very encouraging prospect indeed ...

Meanwhile , the Ian Fleming Publication estate is fretting with new projects .
Announcing Anthony Horrowitz's second Continuation novel for 2018 ( hooray ) - and licencing Ian Fleming's characters to US based Dynamite Comics company .
I'd be extremely cautious about the whereabouts of those new interpretations of 007 in Comics form – if only judging from their first venture into the field .

VARGR ( not a Swedish type insult , be assured ) , the first Dynamite installment , being a rather poor taste story of classical megalomaniac wanting to erase the human race through a deadly drug ( to be able to test his very own vaccine against it . Yes , this one sometimes seems to lightly borrow from Fleming , Gardner , and also from Eon's Bond – the alias ' Peter Franks ' does appear , as well as a Naomie Harris type Moneypenny , a John Cleese like Q , etc, etc ...
But the most disturbing thing about that Graphic novel ( the more legitimate appellation of Comic books these days ) is its extreme violence ( explosive dum dum bullets exiting from the back of the head of a bad guy , fingers sliced and cut in close ups , that sort of things ) .
The writer of this piece is not a chicken , but I felt slightly puzzled with all this blood & gore displayed at virtually each encounter between Bond and any bad guy .

It's almost as if the writers decided to try to enhance Daniel Craig's already very physical interpretation of the character – making him some sort of Charles Bronson Death Wish killing machine .
Gloomy is really about the only adjective which can describe correctly that story

Nothing is retained of the authentical Fleming mood ( and famous sweep ) , there's no characterisation and no empathy for any of the cast appearing .

Add to that some strange , sometimes almost Manga-like – drawnings and you'll sorely miss Mike Grell's unique ( if a bit crazy – but fun ) Serpent's tooth own Comics James Bond variation .
And even more the Ian Fleming inspired Daily Express newspaper 1950s strips .

Let us hope Dynamite will rectify things with their upcoming Felix Leiter creation . The very first sequel inspired by a Fleming character ...

I'm wondering if Barbara Broccoli has optionned those Dynamite titles as well ?

lundi 25 avril 2016

Du 14 au 17 Avril 2016 s'est déroulé en principauté de Monaco le traditionnel Salon du Luxe Top Marques .
Ce salon international de luxe d'exception, sous le haut patronage du prince Albert II de Monaco, se déroule sur une durée de quatre jours, au Grimaldi Forum Monaco, aux port de Monaco et de Fontvieille, avec pour slogan commercial « See it, Drive it, Buy it ! » (regardez, essayez, achetez !).
Il a lieu durant les Masters de Monte-Carlo, juste avant le Grand Prix de Monaco, pour que les acheteurs puissent profiter des préparatifs du circuit de Monaco, pour essayer les voitures exposées sur le circuit et dans les rues de la principauté .

Clin d'oeil peut-être initié par le fils du producteur Harry Saltzman, l'édition de cette année proposait une belle vitrine consacré à l'agent 007 .
Outre l' Aston DBS , un modèle de DB5 , le coupé Jaguar du vil Mr Hinx et les land-rovers des Méchants tirées du film Spectre , le public a aussi pu admirer une somptueuse reproduction au 1:50ième du modèle DB5 rendu célèbre par Sean Connery dès le film ' Goldfinger ' ...
Cerise sur le gâteau une Lotus Esprit immaculée modèle 77'  - soeur jumelle de celle pilotée par Roger Moore / James Bond dans ' L' Espion qui m' Aimait '  y fît aussi son petit effet ...

Photos copyrightées Média Bis . Merci à l'organisation du Salon .


dimanche 24 avril 2016

Guy Hamilton , le plus Francophile des réalisateurs de James Bond ..

Guy Hamilton est né en septembre 1922 à Paris de parents anglais. 

S'est éteint à Majorque ( Baléares ) le 20 avril 2016 . 

Il entre dans les milieux du cinéma aux studios de La Victorine à Nice, en 1939, comme assistant-réalisateur de Julien Duvivier pour “Untel Père et Fils”. Il gardera toujours un attachement certain à la côte d' Azur ( en revenant notamment y tourner le pré-générique des Diamants Sont eternels en 1971 ) Puis il regagne Londres en 1940 où il travaille quelque temps comme monteur aux actualités Paramount avant d’être mobilisé dans la Royal Navy. Après le conflit, il reprend son métier d’assistant et travaille notamment avec Alberto Cavalcanti (“Je suis un Fugitif”), Sidney Gilliat (“Secret d’État”) et surtout Carol Reed (“Première Désillusion”, “Le Troisième Homme”, “Le Banni des Îles”). En 1952, il seconde aussi John Huston sur “African Queen”. C’est la même année qu’il réalise enfin son premier film et devient, en très peu d’années, un cinéaste très prisé par ses compatriotes. Il signe en 1954 une version remarquée de la pièce de J.B. Priestley, “Un Inspecteur Vous Demande”, et un an plus tard un film d’évasion tout aussi célèbre, “Les Indomptables de Colditz”. En 1959, la compagnie Hecht-Hill-Lancaster lui propose de prendre en main la direction de “Au Fil de l’Épée”, une adaptation d’une pièce peu connue de George Bernard Shaw, puis il dirige une célèbre comédie d’espionnage avec James Mason, “Un Brin d’Escroquerie”, qui égratigne allégrement les sacro-saints services secrets britanniques. Après avoir participé à une ambitieuse co-production anglo-italienne sous l’égide de Dino De Laurentiis (“Le Meilleur Ennemi”), il est à l’apogée de sa carrière et fonde la Tricastle Company avec Jules Buck et le comédien Jack Hawkins, dans le but de réaliser un film selon son cœur, “The Party’s Over”, mais ses démêlés avec la censure ruineront ses espoirs.
Pressenti pour tourner «  James Bond contre Dr No » , il devra attendre d'être finalement choisi pour mettre en scène le troisième James Bond avec Sean Connery, “Goldfinger“, tâche dont il s’acquitte avec un savoir-faire qui lui vaudra quelques années plus tard de diriger trois autres films de la série, “Les Diamants sont Éternels”, “Vivre et Laisser Mourir” et “L’Homme au Pistolet d’Or” .
Toujours sous contrat avec Eon – alors que l'association Albert R.Broccoli / Harry Saltzman vit ses derniers jours – il commence ensuite à travailler à la pré-production de ' L' Espion qui m' aimait ' .
Avec des vues bien arrêtées sur le film : « Je souhaitais voir revenir James Bond dans l' univers de la Royal Navy , nous confia-t-il il y a quelques années au Festival de Cannes , le voir à nouveau porter son uniforme de Capitaine de Frégate , etc... » .
Et surtout j’aurais voulu pouvoir montrer un James Bond un tout petit peu plus âgé, plus sage et intelligent aussi, qui se sortirait des pires situations, non pas grâce à un des gadgets de Q, ou avec ses poings , mais seulement grâce à ses méninges !!!

Cubby m’a regardé les yeux ronds et il m’a dit «  mais vous réalisez que ce que vous me proposez là, ça reviendrait tout simplement à tuer la poule aux œufs d’or !!!! ». Je dois dire très honnêtement que, en tant que réalisateur, ça ne m’avait pas effleuré l'esprit , mais c’est vrai que si j’avais été le producteur, j’y aurais certainement aussi réfléchi à deux fois !! ( rires )
  
Hélas , ayant fui alors le fisc Britannique pour s'établir en France , il est impossible au réalisateur de pouvoir séjourner plus qu'une trentaine de jours sur le sol Anglais . Et Cubby , la mort dans l'âme , décide alors de le remplacer par Lewis Gilbert ...
Hors James Bond il a également signé pour Harry Saltzman “Mes Funérailles à Berlin”, seconde aventure de Harry Palmer d’après Len Deighton, et a pris en main le projet le plus ambitieux et le plus coûteux du cinéma anglais, “La Bataille d’Angleterre”.
A nouveau pressenti pour tourner le premier «  Superman » en 1978 , il se désiste en faveur de Richard Donner .Au début des années quatre-vingts, il a eu l’opportunité de réaliser deux films adaptés des œuvres d’Agatha Christie, “Le Miroir se Brisa” et “Meurtre au Soleil”.
Bouclant la boucle il tournera son ultime long-métrage aux Studios de la Victorine à Nice avec une honnête adaptation du roman de James Hadley Chase , " Sauf Votre Respect " ...
Toujours intêressé par les nouvelles aventures de 007 à l'écran, le réalisateur n'était pas tendre avec certains de ses interprètes les plus récents .
J'aime beaucoup Pierce Brosnan en tant qu'acteur . Le problème , c'est qu'il ne fait qu' interpreter James Bond . Il n'est pas le personnage . Toutes ces poses , ses mimiques … C'est très redondant . Et tous ces gadgets et ces décors : on croirait que dorénavant les scripts sont construits autour – alors que c'était l'inverse à mon époque !!!

J'aime beaucoup Goldeneye . Et c'est une très bonne idée que d'avoir confié le rôle de M à Dame Judi Dench – une très grande actrice . Pour moi c'est bien le dernier véritable grand film de la série … "
Malgré quelques déboires, Guy Hamilton a toujours pu s’enorgueillir de grandes réussites commerciales touchant à tous les genres consacrés du cinéma britannique.
Filmographie
1952 The Ringer. L’Assassin a de l’Humour
1953 The Intruder. Le Visiteur Nocturne
1954 An Inspector Calls. Un Inspecteur Vous Demande
1955 The Colditz Story. Les Indomptables de Colditz ou La Grande Évasion
1956 CHARLEY MOON
1957 MANUELA
1959 The Devil’s Disciple. Au Fil de l’Épée - A Touch of Larceny. Un Brin d’Escroquerie
1961 The Best of Enemies. Le Meilleur Ennemi (I Due Nemici)
1963 The Party’s Over - Man in the Middle. L’Affaire Winstone
1964 Goldfinger
1966 Funeral in Berlin. Mes Funérailles à Berlin
1969 The Battle of Britain. La Bataille d’Angleterre
1971 Diamonds are Forever. Les Diamants sont Éternels
1973 Live and Let Die. Vivre et Laisser Mourir
1974 The Man With the Golden Gun. L’Homme au Pistolet d’Or
1978 Force Ten from Navarone. L’Ouragan vient de Navarone
1980 The Mirror Crack’d. Le Miroir se Brisa
1982 Evil Under the Sun. Meurtre au Soleil
1985 Remo Williams: The Adventure Begins... Remo Sans Arme et Dangereux
1989 Try This One for Size. Sauf Votre Respect

vendredi 19 février 2016

Designing 007 / James Bond , l' Exposition arrive à Paris

Gracieusement invité en Février 2015 par le Kunstahl Museum de Rotterdam à découvrir la version Hollandaise de l'exposition-phare de Eon Productions , Designing 007 , créée en 2012 pour servir d'écrin à la série de films consacrés aux aventures du héros de Ian Fleming , j'avais pu déambuler à loisir au milieu des props , décors , costumes et reproductions diverses tirés des vingt-cinq films officiels du Canon ...



En teaser de cette exposition unique au monde - qui arrivera enfin à Paris en avril prochain  , j' en profite pour reproduire ici une partie de la longue interview exclusive que m'avait accordé Peter Lamont il y a quelques années .
Le Chef décorateur qui succéda à l'immense Ken Adam  y revient sur l'ensemble de sa carrière et sa fierté d'avoir pu participer à autant de productions prestigieuses ...
 
Profession : Chef Décorateur
Entretien avec Peter Lamont ( extraits ) © Kevin Collette .

Il y a quelques années , la direction du Festival du Film de Valenciennes m'invita à animer une MasterClass en compagnie de Peter Lamont , décorateur émérite qui travailla sur les productions Eon à partir de 1964 , en gravissant petit à petit les échelons qui , d'assistant de Ken Adam , finit par lui ouvrir les portes du département chargé de la conception des décors sur les James Bond .
Accessoirement , notre homme travailla aussi pour James Cameron, pour qui il recréa les intérieurs d'un paquebot transatlantique mythique dont le voyage inaugural se termina au fond de l'océan …

Comment avez-vous été amener à travailler sur les James Bond ?

Eh bien , j'avais loupé les deux premiers et je suis donc arrivé sur Goldfinger . Le jour même où je débarquais dans les bureaux , Ken Adam ( le chef décorateur du film . NdA ) m'a mis entre les mains un gros paquet de documentation sur Fort Knox – d'où il rentrait de répérages . On a ensuite enchaîné sur Ipcress , Danger Immédiat . Le Bond suivant aurait dû être à l'origine Au Service Secret De Sa Majesté mais , surprise , un matin Ken Adam nous a annoncé qu'il fallait tous nous initier à la plongée sous-marine , car on allait finalement tourner Opération Tonnerre !!!
J'ai donc suivi ses conseils ...Et toute l'équipe est donc partie aux Bahamas . Pour moi , c'était la première fois que je tournais en extérieurs . Ma fonction première là-bas consista à «  habiller » le bombardier Vulcan au fond des mers . Il était prévu au départ que je ne reste sur place que deux semaines au grand maximum … Mais j'y suis finalement demeuré plus de trois mois . C'est une des régles immuables de ce métier : on sait quand on part … Mais on ne sait jamais quand on va revenir !!!

Quels problèmes avez-vous rencontré pour filmer cette gigantesque bataille sous-marine ?

Personnellement , aucun . C'était une question d'organisation , c'est tout . Au fond de l'eau nous devions communiquer par panneaux – c'était bien avant qu'on mette au point les fréquences radio sous-marines - , et à près de 15 mètres de fond , gérer à la fois l'équipe technique et artistique , c'était assez hallucinant malgré tout .
Je me souviens qu'au bout de quelques jours de tournage de cette séquence , le fournisseur de matériel sous-marin vint me trouver l'air désespéré en me confiant «  Peter , on est quasi en rupture de stock pour les masques et les palmes . Il faut faire quelque chose . » . Unique solution : demander à tout le monde de conserver masque et palme par devers soi , et de ne pas les oublier au fond de l'océan à la fin de la journée . On a même du employer à un moment donné trois personnes chargées exclusivement de récupérer tout le matériel abandonné à chaque fin de journée de tournage …

On raconte que Terence Young laissa à Peter Hunt le soin de monter le film quasiment tout seul ( Young étant parti sur la préproduction de son film suivant Opération Opium ) ?

Oui il y a hélas beaucoup de faux raccords dans ce film – notamment à un moment donné la couleur du masque de Bond change entre deux scènes !!!! L'explication est très simple : les scènes sous-marines avaient été mises en boite par la seconde équipe , qui n'était donc pas raccord avec les scènes tournées par Terence …
Même chose pour certains plans où Bond franchit une porte , etc . On n'avait pas le temps d'être raccord sur tout . Le film devait sortir à une date précise et il fallait sacrifier un peu de logique narrative pour pouvoir livrer une histoire qui tienne plus ou moins debout .
Je me souviens aussi d'une autre anecdote savoureuse , concernant cette fois le fameux cigare à oxygène qu'utilise 007 sous l'eau . On a eu un jour la visite d'un officiel de la Navy qui a demandé le plus sérieusement du monde à voir les plans de l'appareil , pour comprendre quelle capacité d'air respirable cet engin pouvait fournir , etc …
Avec un sérieux papal je lui ai répondu «  il permet de rester sous l'eau … Aussi longtemps que vous arriverez à retenir votre souffle ! » . Le type a cru que je me fichais de lui … ( rires ) .

Et après Opération Tonnerre …
Vint On ne vit que deux fois , bien sûr ! Moi je suis sagement resté sur les plateaux des studios de Pinewood , tandis que l'équipe s'envolait pour le Japon . Le décor principal était tellement énorme qu'il nous causa pas mal de problèmes . Il y avait même un micro climat à l'intérieur !!!

Comment vous répartissiez-vous le travail avec Ken Adam ?
Eh bien, c'est lui qui imaginait tous les décors , et il nous donnait ensuite des plans et des esquisses que nous nous efforcions alors de réaliser au plus près de ce qu'il avait envisagé . Je me souviens lui avoir signalé que si on déplaçait un peu les appartements privés de Blofeld – censés se trouver derrière le centre de commandement du Volcan, on pourrait alors bénéficier d'un plus grand angle de focale .
J'ai travaillé avec Ken sur Goldfinger, On ne vit que deux fois , puis sur l'Espion qui m'aimait et Moonraker . Ken est ensuite parti s'installer aux Etats-Unis , et l'on m'a alors nommé nouveau Chef décorateur . Après Moonraker , les budgets avaient été revus à la baisse , et les décors et les gadgets s'en sont immédiatement ressentis .

De quel décor êtes-vous le plus fier ?

Des mines de Zorin pour Dangereusement Votre . Ce décor-là a été érigé juste après l'incendie du 007 stage à l'été 84 . On aurait pu le construire beaucoup plus vite , mais on avait sur le dos un tas d'officiels responsables des questions de sécurité , etc , qui refusaient tout simplement qu'on travaille sur le plateau tant que celui-ci ne serait pas complètement reconstruit . On a utilisé d'autres plateaux extérieurs pour tourner tout ce que l'on pouvait en attendant d'avoir enfin le feu vert . Et on a même réussi à terminer nos prises de vue avec près d'une semaine sur le planning prévu .
Je suis également plutot content du décor des bains chinois pour ce même film .
Un truc tout simple , réalisé avec des paravents et un beau sol – facile à éclairer . Simple et efficace , quoi .

 James Bond - L ' Exposition 
 www.jamesbond007-exposition-paris.fr
 À partir du 16 avril, la Grande Halle de la Villette accueille James Bond 007,  l'exposition.
 50 ans de style Bond réunissant plus de 500 objets originaux permettant une immersion dans l'univers esthétique de l'espion le plus célèbre du monde.